Le CTIP, la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) et les représentants du marché hollandais, ont donc proposé à la Commission européenne une nouvelle segmentation – plus fine – de la structure du module Santé, mieux à même de prendre en compte la diversité de la volatilité du risque Santé en Europe.
Des mécanismes atténuateurs
Premier constat de l’étude réalisée à la demande du CTIP et de la FNMF par Actuaris Watson Wyatt sur le risque Santé en Europe : la part des organismes assureurs français et hollandais représente plus de la moitié du volume du chiffre d’affaires des opérateurs privés. Or les derniers calibrages proposés apparaissent excessifs au regard de la volatilité du risque Santé propre à ces deux marchés (cf. encadré).
L’étude met également en évidence l’existence de mécanismes atténuateurs de la volatilité du risque Santé en Europe. Le marché français, par exemple, dispose de forts mécanismes atténuateurs : prise en charge de la majeure partie des dépenses de santé par le régime obligatoire d’assurance maladie, qui couvre également à 100 % les frais médicaux dans le cadre des affections de longue durée. En France, c’est donc le régime de base qui supporte une part importante de la volatilité du risque. De plus, les organismes assureurs français plafonnent leurs remboursements.
Autre exemple : aux Pays-Bas où les organismes assureurs interviennent au premier euro, l’Etat a mis en place un système de péréquation entre ces organismes qui atténue très fortement la volatilité du risque Santé.
Or, il apparaît que la structure et le calibrage du module Santé tels que retenus dans les dernières propositions du CEIOPS ne tiennent pas compte des spécificités des marchés français et hollandais. Il est donc nécessaire d’enrichir la structure de ce module dans la formule standard, pour aboutir à un calibrage qui reflète mieux la diversité du marché européen.
Une segmentation plus conforme à la réalité du marché
Sous l’impulsion du CTIP et de la FNMF, l’industrie européenne travaille à une contreproposition de segmentation du module Santé. Cette proposition reprend la distinction déjà opérée par la 4ème étude d’impact (sous l’appellation "long terme" / "court terme") entre le risque de perte de revenu et celui correspondant aux frais de soins de santé. Ces deux risques présentant des profils différents, leur traitement dans deux sous-modules distincts s’avère en effet nécessaire.
Les organismes assureurs européens et la Commission européenne ont engagé un dialogue à ce sujet depuis janvier 2009. Le CTIP et la FNMF ont pour leur part été entendus par le CEIOPS et la Commission.
Si rien n’est fait, la surenchère des toutes dernières propositions du CEIOPS pèsera inévitablement et très fortement sur le coût des assurances complémentaires et de la prévoyance collective. Les conséquences seront d’autant plus lourdes s’agissant d’organismes qui, comme les institutions de prévoyance, ne peuvent pas faire appel aux marchés pour constituer leur marge de solvabilité.
Il n’y a donc pas d’alternative : le calibrage du module Santé doit impérativement refléter le risque pour ne pas fragiliser la protection sociale complémentaire. Rendez-vous à la 5ème étude d’impact (QIS 5).
* AMICE : Association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe
CEA : Comité européen des assurances
Crédit photo :
Magali Delporte/Picturetank
Sophie Brändström/Picturetank