Bien que cette étude ait permis de vérifier une meilleure adaptation du module Santé, les autorités européennes ont remis totalement en question le calibrage obtenu. Fruit de la concertation entre l’industrie et les autorités européennes, ce calibrage était le reflet de la réalité du risque Santé tel qu’observé dans 60 % du marché de l’assurance maladie européenne.
Par conséquent, pour la troisième fois consécutive, les opérateurs se mobilisent pour faire reconnaître la réalité du risque afin que des exigences prudentielles ne grèvent pas exagérément les cotisations des assurés au titre de la complémentaire santé.
A quelques mois de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2, le dispositif est donc loin d'être arrêté et des points majeurs ne sont aussi toujours pas réglés.
Une formule standard simplifiée et des mesures transitoires
Le CTIP continue de défendre une formule standard simplifiée pour éviter aux structures portant des risques simples – souvent des petits organismes - de supporter une charge de travail excessive par rapport à l’enjeu.
Il apparaît ensuite nécessaire que des mesures transitoires soient prévues, tant en matière de respect du futur niveau de fonds propres requis que pour le futur reporting auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Une application par ajustements progressifs, à compter de 2013, paraît raisonnable dans un objectif d’efficacité.
Une égalité de traitement pour la retraite supplémentaire
Une solution reste aussi à trouver pour garantir une égalité de traitement entre la retraite supplémentaire et les fonds de pensions européens. En attendant un dispositif prudentiel adapté à un horizon de placement long, les régimes de retraite supplémentaire gérés par des organismes d’assurance devraient pouvoir rester dans le cadre de Solvabilité 1, au même titre que les entités non assurantielles qui proposent ces mêmes régimes.
Sans cela, les acteurs français et particulièrement ceux qui sont spécialisés, seront fortement menacés. Solvabilité 2 introduit en effet une volatilité très forte du taux de couverture de la marge de solvabilité selon les variations des marchés financiers. Cet indicateur est donc très instable pour des opérations dont le pilotage s’inscrit dans la durée.
Le financement du développement des institutions
Enfin, la question du financement du développement des institutions de prévoyance, en tant qu'organismes à but non lucratif, doit trouver une réponse dans la perspective de 2013. Elle doit permettre de leur garantir les moyens d’assurer leur solvabilité dans le respect des valeurs de la gestion paritaire.