A fin décembre 2006, le dernier objectif annoncé de la commission européenne est de publier une proposition de directive pour juillet 2007. D'ici là, elle compte s'appuyer sur les avis techniques qui seront remontés par le CEIOPS (Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors) sur la base d'une dernière vague de consultation de 600 pages* initiée fin novembre, à échéance du 19 janvier 2007, et d'une 3ème étude d'impact attendue pour le 2ème trimestre. Celle-ci vise à tester un calibrage définitif de la future formule de calcul de marge de solvabilité.
Dans le prolongement des précédentes consultations et études d'impact, le CTIP compte bien faire entendre sa voix au cours de ces dernières étapes à ne pas manquer. Et cela, d'autant plus que, jusqu'à maintenant, les opérations de santé et de prévoyance ne semblent pas être reconnues dans toutes leurs dimensions techniques.
Pour la complémentaire santé
Dans son état actuel, le projet Solvabilité 2 assimile les “frais de santé” à des risques Non-Vie qu'ils soient à cycle long ou court. La durée réelle des engagements souscrits n'est donc pas prise en compte alors qu'elle constitue le critère essentiel pour définir une solvabilité adaptée au risque.
Par conséquent, le CTIP continue à défendre la reconnaissance des spécificités des opérations gérées par les institutions et à demander une solution pragmatique et proportionnelle, c'est-à-dire adaptée à la complexité des garanties. Pour les contrats maladie, la logique pure assurantielle n'est en effet adaptée qu'en tant que risque de masse, à faible volatilité. Il s'agit en effet davantage d'une prise en charge de la consommation médicale, complémentaire à celle de la sécurité sociale. C’est donc d'une activité à cycle a priori court et dont la charge de prestations peut s'apprécier d'une année sur l'autre assez aisément, sans avoir besoin de développer un modèle complexe.
Pour les garanties incapacité-invalidité
S'agissant des opérations d'incapacité et d'invalidité, compte tenu de la durée des engagements, on ne peut que souscrire à une formule plus complexe. Cependant, celle qui est proposée actuellement nécessite d'être mieux calibrée car les nouveaux niveaux de marge auxquels elle conduirait s'avèrent être jusqu'à maintenant trop élevés par rapport à la connaissance réelle que nous avons de ces opérations.
L'autre problème important de la formule actuelle pour ces opérations, c'est la question de la classification en Vie ou en Non-Vie. Cette classification semble conduire à une inégalité de traitement entre les organismes d'assurance qui garantissent ce risque en garantie accessoire et ceux qui le gèrent à titre principal, comme les institutions de prévoyance.
L'exigence de marge serait en effet définie en fonction de la Branche d'agrément de l'organisme assureur pour son activité principale. Ce qui conduirait donc à deux formules de solvabilité différentes pour le même risque incapacité-invalidité, selon l'activité principale de l'organisme assureur. La question reste donc à trancher : faut-il prévoir un rattachement systématique selon les branches d'agrément, c'est-à-dire en retenant une formule adaptée aux opérations Non-Vie, ou en privilégiant la vision économique du risque souscrit, soit une formule adaptée aux opérations Vie ?
* Papiers de consultation n° 15 à 20
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