Les réflexions du CTIP sur la protection des données personnelles remontent à la convention Bélorgey de 2001. Cette convention visait à garantir la confidentialité des données personnelles de santé collectées via les questionnaires médicaux utilisés dans le cadre de l’assurance emprunteurs. Dès 2001, le CTIP a entrepris des travaux de sensibilisation aux modalités de respect de la confidentialité des données médicales dans les institutions de prévoyance.
De nouvelles obligations
La loi du 6 août a introduit des changements notables dans le régime juridique de la protection des données personnelles. Certains impliquent des modifications profondes dans les modalités de gestion des institutions, notamment en matière de systèmes d’information. Le délai de mise en conformité avec la loi de 2004 a expiré le 6 août 2007, et son non-respect expose à de lourdes sanctions pénales.
La Commission juridique du CTIP s’est donc attachée, en collaboration avec le Professeur Jérôme Huet, spécialiste du droit de l’informatique et du multimédia, à analyser l’impact de ces nouvelles dispositions.
La procédure d'autorisation
Les institutions de prévoyance peuvent désormais se trouver soumises à une procédure d’autorisation auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) quand la collecte des données personnelles atteint un certain niveau de dangerosité pour la vie privée, à savoir :
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en cas d’interconnexion de fichiers ;
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en cas d’utilisation du numéro d’inscription des personnes au répertoire national des personnes physiques (NIR).La CNIL considère que la loi de 2004 ne remet pas en cause l’autorisation donnée par décret aux organismes assureurs complémentaires d’utiliser le NIR pour les activités relevant de leur coeur de métier ;
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en cas de collecte de données sensibles, comme les données médicales.
Les données de santé : des "données sensibles"
Les données de santé entrent désormais dans la catégorie des “données sensibles” : le consentement exprès des personnes concernées est nécessaire pour que leur traitement soit autorisé.
Des recommandations pour les institutions
Pour répondre à leurs préoccupations en matière de protection des données personnelles, la Commission juridique, après avoir identifié les difficultés auxquelles les institutions pourraient être confrontées et les risques juridiques liés à certaines pratiques, a élaboré un guide juridique sur la protection des données personnelles dans les institutions de prévoyance. Il a été présenté au Comité des directeurs le 25 septembre 2007.
Point par point, des solutions sont proposées : désignation d’un correspondant informatique et Libertés, création au sein de l’institution d’un service seul habilité à traiter les données de santé, placé sous l’autorité d’un professionnel tenu au secret médical,…
Sur la base de ce guide, les institutions pourront opérer dans les directions concernées les adaptations nécessaires à la mise en conformité des traitements.