Dépendance

La dépendance dans le cadre de la prévoyance paritaire

L’expérience des groupes de protection sociale apporte un éclairage sur le comportement des assurés. L’AG2R observe ainsi que la plupart des assurés de sa garantie dépendance individuelle "SAFIR" ne bénéficient pas tous de retraites conséquentes. PRO-BTP, qui propose également une couverture individuelle "Complément Dépendance BTP", fait le même constat. De nombreux anciens ouvriers du bâtiment l’ont souscrite pour être sûrs de pouvoir transmettre leur patrimoine à leur conjoint ou à leurs enfants. La couverture individuelle répond davantage au souci de protéger ses proches qu'à la volonté de se prémunir contre sa propre dépendance.

 

La mutualisation du risque

L’offre individuelle apporte une réponse aux personnes de plus de 60 ans et qui ne sont plus couvertes par l'entreprise. Elle constitue un complément indispensable à l’offre collective. Dans le cadre de leur activité professionnelle, les individus peuvent en effet bénéficier d’un dispositif mutualisé d'entreprise. Cette solution présente de nombreux avantages par rapport à la garantie individuelle.

Aucune condition d'entrée n'est requise, ce qui permet de couvrir l'ensemble des salariés de la même manière, quels que soient leurs revenus. Et surtout, ce dispositif collectif amène les salariés à cotiser tôt, alors que l’âge moyen de la souscription individuelle se situe aux alentours de 62 ans. Cette adhésion précoce réduit considérablement le montant de la cotisation, d'autant plus que les entreprises participent au financement.

Néanmoins, le développement de ces garanties collectives suppose de lever certains obstacles. Tout d’abord, la dépendance n'est pas la préoccupation première des entreprises employant majoritairement de jeunes salariés, peu sensibilisés à la perspective lointaine et pénible de la perte d'autonomie. Seul un maximum de souplesse dans les dispositifs à proposer peut donc favoriser l’adhésion. Des garanties combinant, par exemple, une épargne retraite à une rente en cas de dépendance pourraient être envisagées. A titre d’exemple, AG2R propose, dans le cadre de sa garantie individuelle, d’y adjoindre un système d’épargne pour constituer un capital pouvant être perçu ou réinvesti dans le risque dépendance.

Le développement de garanties collectives pose ensuite la question de la portabilité des droits acquis au moment du départ de l'entreprise. Dans ce cas, la garantie collective proposée par l’OCIRP, permet, par exemple, aux salariés de conserver leurs "points dépendance", et leur donne la possibilité de continuer à cotiser à titre individuel.
 

L’action sociale : des réponses selon la situation et le projet de vie

Enfin, le coût des services est aussi un aspect majeur à prendre en compte. Or, son évolution dans les années à venir est imprévisible, d’où la difficulté de s’engager à plus ou moins long terme sur un certain niveau de prestations.

Les services à la personne sont d’ailleurs déjà largement pris en compte par les institutions dans le cadre de l’action sociale. L’approche globale adoptée par MEDERIC, qui met la priorité sur le maintien de l’autonomie, en témoigne. De la prise en charge de la dépendance à l'environnement de la personne, l’action sociale permet de proposer une grande diversité de services : prévention, solutions de répit, soutien psychologique et formation pour les proches, aménagement du domicile, places en résidence spécialisée…

L’action sociale répond non seulement à la volonté d’éviter que des situations s’installent sans réponse, mais aussi à celle de favoriser l’autonomie des personnes.

Plus généralement, sur le champ de la dépendance comme sur celui de la santé, les institutions sont convaincues que l’avenir est vraiment à l'enrichissement progressif des garanties par les services.

Source : Prévoyance N°50 - mai 2008
 
 

Les structures d’accueil en nombre insuffisant

 
Réalisée fin 2007, l’étude Santé confiée au Crédoc comportait des questions sur la dépendance. Il en ressort notamment que pour les salariés interrogés, la dépendance est avant tout un problème de manque de places en institution (39%). Ont été ensuite évoqués, dans une même proportion, le manque de ressources financières (26%) et l’insuffisance de l’offre de services à la personne (24%).